Auteur : Xavier Lebrun - Photo d'entête : Gaëtan Claes
Depuis le début de 2022, lors de promenades sur un plateau agricole sur les hauteurs de Grez-Doiceau, j’ai fait des observations, de plus en plus fréquentes, de Grands Corbeaux en vol, très généralement par deux, probablement en couple.
Mes observations furent régulièrement additionnées d’autres, faites par des proches, également observateurs-trices d’oiseaux.

Mon voisin Julien a, quant à lui, fait des observations de Grands Corbeaux depuis septembre 2021.
Il faut dire que, toujours occupés à vocaliser de façon caractéristique lorsqu’ils volent, ils sont plutôt faciles à repérer.
J’ai également eu, quelquefois, la chance d’en voir passer au-dessus de mon jardin situé non loin de là avec, en point d’orgue, en avril 2022, l’observation d’un Grand Corbeau houspillant un Milan royal.
Au printemps 2023, toujours dans le même secteur, à chacun de mes passages dans un petit chemin bordant une colline surmontée d’une belle pinède, je commençais par les entendre, repéré que j’étais, puis je les voyais me survoler en poussant des cris que je qualifierais «d’inquiétude».

Vu le moment de l’année et mes observations, toujours complétées par celles d’autres personnes, nous sommes plusieurs à avoir pensé qu’une nidification était en cours.
J’ai donc pris ma longue-vue et après 2 ou 3 séances d’observations plus fines, j’ai fini par repérer le nid le 19 avril, bien camouflé, haut dans la ramure d’un grand pin.
Le nourrissage était manifestement déjà en cours, c’est du moins ce que mes observations, rendues de plus en plus difficiles par le feuillage, me laissaient entrevoir.
C’est le 11 mai que j’ai observé, pour la première fois, le nid apparemment vide et pendant cette période d’observations plus ou moins régulières, j’ai pu observer, à une reprise, jusqu’à 5 individus en même temps. Trois sur ou tout près du nid et deux autres en vol.
Les deux adultes, en surveillance, j’imagine, puisque je n’ai jamais pu passer sans être bien vite repéré.
On peut donc supposer la réussite de la nidification et l’envol de, au minimum, trois petits. Il parait qu’on les appelle «corbillats».

Passant très régulièrement dans tous ces mêmes chemins depuis de nombreuses années, je peux affirmer qu’il n’y a pas eu de nidification dans le secteur avant 2023.
Je ne suis malheureusement pas très méticuleux dans mes notes de terrain mais je peux dire que, passé le mois de mai, les lieux étaient apparemment désertés. Cependant, depuis le début de septembre, j’observe deux individus volant aux environs du nid sans pouvoir préciser si ce sont les parents ou deux jeunes qui y reviennent de temps à autre.
Merci aux autres observateurs : Anne, Viviane, Julien et Guy
Note de la rédaction : La présence de l’espèce se confirme donc dans la province qui a connu une toute première nidification, tenue secrète, en 2022. Rappelons que le Grand Corbeau ne nichait plus en Brabant wallon depuis la fin du XIXe siècle et que la dernière nidification en Belgique avait eu lieu en Ardenne en 1919. Grâce à un projet de réintroduction de l’espèce dans l’Est de la Belgique dans les années 1973-1980, une population a pu durablement s’installer et s’accroître : une première nidification est notée en 1980 et une douzaine de nids sont connus en 1990. Lors de l’Atlas des oiseaux nicheurs de Wallonie 2001-2007, la population wallonne était estimée à 67-87 couples. En Flandre, c’est en 2018 qu’un premier couple a niché en forêt de Meerdael soit à proximité du Brabant wallon. L’augmentation des effectifs nicheurs dans les autres provinces wallonnes et maintenant aussi en Flandre laisse présager d’une expansion du Grand Corbeau dans la province. Des observations régulières faites notamment dans plusieurs massifs forestiers du Brabant wallon plaident en ce sens. C’est en hiver qu’il faudra tenter de repérer des couples cantonnés, la nidification ayant lieu dès fin mars début avril. A vos jumelles !
