Frelon asiatique : le péril jaune ?

Auteur : Jérémie Van Brussel 
Photo d'entête : Frelon asiatique (Vespa velutina) - Limal - Bernard Danhaive

Chaque année, la presse généraliste en fait désormais ses gros titres à la fin de l’été : le Frelon asiatique s’étend sur notre territoire. Entre les craintes traditionnelles des piqûres douloureuses et de l’envahisseur étranger, l’arrivée de ce nouvel hyménoptère chez nous provoque des réactions parfois irrationnelles. Vingt ans après son arrivée en France et après quelques années de lutte chez nous, alors que les reines fondatrices vont sortir de leur torpeur hivernale, essayons de faire le point sur ce que l’on a appris de l’insecte et ce que mettent en œuvre les autorités et les apiculteurs, pour faire face à l’envahisseur !

Nous l’appelons Frelon asiatique, car il nous vient de Chine, mais des espèces de frelons en Asie, il y en a plusieurs. Elles sont même nombreuses. Mais voilà donc que nous est arrivée Vespa velutina, dans un conteneur mu par la magie du commerce mondialisé, dans une poterie « Made in China ».

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Frelon asiatique : description

Auteur : Jérémie Van Brussel 
Photo d'entête : Frelon asiatique (Vespa velutina) - Limal - Bernard Danhaive

Quelles différences y a-t-il entre le Frelon asiatique et le Frelon européen ?

Lorsque l’on parle de frelons déjà, de nombreuses échines se hérissent. Certains imaginent une mygale dotée d’ailes, capable de foudroyer un homme en une seule piqûre ! La réalité est heureusement moins effrayante. Le Frelon européen (Vespa crabro) est une grosse guêpe, aux teintes orangées très visibles sur la tête et le thorax. Sa piqûre est certes très douloureuse (et peut être mortelle pour la minorité des allergiques de chez nous, au même titre que n’importe quelle piqûre de guêpe ou d’abeille de chez nous) mais à la différence des guêpes qui aiment tellement partager nos tablées estivales, le Frelon est peureux et n’aime pas la proximité de l’homme. Certes, il profite du confort d’une toiture ou d’un grenier pour confectionner son nid, mais de manière générale, on le voit bien moins que ses petites cousines.

Bien que nettement plus imposant que nos guêpes, le Frelon asiatique est quant à lui nettement plus petit que le Frelon européen. Il arbore aussi une teinte plus noire avec un trait jaune barrant son abdomen. Autre signe distinctif, ses tarses jaunes contrastent nettement avec le haut de ses pattes noir et, contrairement à son cousin européen, il n’arbore aucune teinte orangée.

Frelon asiatique - Limal - Bernard Danhaive (1)
Frelon asiatique – Limal – Bernard Danhaive
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Frelon européen – Rachel Delmelle

Les différences avec « notre » Frelon sont également notoires dans les mœurs de l’espèce et en particulier dans son alimentation. Si le Frelon européen se nourrit essentiellement de mouches, de guêpes et ne dédaigne pas les fruits mûrs, il s’attaque assez peu aux abeilles alors que le Frelon asiatique, lui, en est très friand. Opportuniste, il se nourrit de ce qu’il trouve dans son environnement et dans nos contrées à l’entomofaune fort appauvrie, les ruches d’abeilles mellifères constituent un superbe réservoir de nourriture. Au Portugal, c’est aux fruits mûrs qu’il s’attaque, créant de réels problèmes dans les cultures. Mais chez nous, ce sont bien les attaques des ruches de culture, qui sont problématiques.

Les nids secondaires de Vespa velutina, construits en été après l’étroit nid primaire, sont également différents de ceux de leurs cousins. Le Frelon européen a depuis longtemps colonisé le bâti humain. Pour le Frelon asiatique, c’est une pratique moins répandue, bien qu’existante. Les nids de ces derniers sont souvent construits très haut dans les arbres, ce qui les rend difficiles à détecter à la belle saison en raison du feuillage abondant. Le Frelon asiatique est un impressionnant bâtisseur et ses colonies sont bien plus grandes que celles du Frelon européen. Aussi, le « carton » dont est constitué le nid est particulièrement épais et solide. Son accroche aux branches résiste sans problème aux vents violents et même après destruction de la colonie, le nid reste souvent en place pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Le Frelon européen quant à lui ne fait jamais de nids dans les branchages.

Nid intact Nil-St-Vincent
Nid de Frelon asiatique – Nil-St-Vincent – Jérémie Van Brussel
Frelon N3654@Antoine Derouaux
Nid de Frelon européen – Antoine Derouaux

Frelon asiatique : la lutte s’organise

Auteur : Jérémie Van Brussel 
Photo d'entête : Frelon asiatique (Vespa velutina) - Limal - Bernard Danhaive

La lutte s’organise !

En Région wallonne, c’est le Département d’Etude des Milieux Naturels et Agricoles (DEMNA) et plus particulièrement en son sein la Cellule interdépartementale des Espèces Invasives (CiEi) qui est chargée du suivi de l’espèce, en collaboration avec le Centre wallon de Recherche Agronomique (CRA-W). Suite à un appel d’offres, un prestataire a été désigné pour effectuer les destructions de nids et une plateforme de signalement a été mise à disposition du public.

La saison dernière, le travail de Michael Debiere, prestataire pour le SPW en Hainaut, Province de Namur et Brabant wallon, a vu son activité s’intensifier de manière spectaculaire. Il nous fait part des difficultés rencontrées et d’observations intéressantes :

« Entre les saisons 2021-22 et 2022-23, le nombre de nids détruits a été multiplié par 6. Nous sommes passés de 230 nids à 1400 nids détruits. Nous constatons que l’emplacement des nids est plus varié que par le passé. La majorité d’entre eux reste placée haut dans les arbres, mais certains sont désormais construits très bas, dans une haie ou sur un élément de bâti comme un poteau électrique. Nous bénéficions de l’expérience française où les interventions mal menées ont conduit à des difficultés accrues. Par exemple, lorsque nous intervenons sur un nid, nous ne le détruisons pas car il est important que la colonie meure dans le nid. Si elle fuit le nid, elle en construira parfois deux ou trois dans les environs proches. C’est ce qui a mené à la démultiplication des nids dans certaines régions de France. »

En tant qu’apiculteur, il explique sa passion pour les hyménoptères et son intérêt à travailler de la manière la plus propre possible tout en acceptant la nécessaire utilisation de produits toxiques à l’environnement. Malheureusement, tous les prestataires actifs dans le domaine n’ont pas la même éthique : « Nous n’avons pas attendu l’arrivée du Frelon asiatique pour constater le problème, mais évidemment, ça a tendance à s’aggraver. Qu’il s’agisse de particuliers intervenant eux-mêmes ou de « professionnels » peu scrupuleux, il n’est pas rare que nous arrivions sur des sites où des lierres mellifères ont été entièrement aspergés d’insecticide. C’est non seulement catastrophique pour tous les insectes butineurs présents sur place, mais parfaitement inefficace pour lutter contre le Frelon qui fréquente certes les lierres pour y chasser, mais n’y construit pas son nid. Or les produits que nous utilisons, ce n’est pas du lait en poudre ! Nous devons l’utiliser de manière raisonnable au risque de causer plus de tort aux abeilles que nous tentons précisément de protéger ! »

Nous ne pouvons que lui donner raison. Il est déjà regrettable d’avoir à utiliser des insecticides en milieu naturel, en sachant qui plus est que des oiseaux viendront ensuite consommer les larves résiduelles des colonies détruites. Il est donc particulièrement important de faire appel au prestataire désigné par les autorités, celui-ci ayant montré son attention à limiter au maximum la propagation des produits toxiques dans la nature. L’intervention sur un nid est spectaculaire : il s’agit de déployer une perche allant jusqu’à plus de 30m de long pour permettre l’injection de produit au cœur du nid, avec le minimum de déperdition dans l’atmosphère.

Michael Debiere poursuit : « L’équipement nécessaire à l’intervention de professionnels, toujours à deux, coûte 6 à 7000 €, ce qui rend difficile la rentabilité de l’activité. Le risque est qu’à l’avenir, la mission soit confiée à des prestataires moins regardant qui ne feront pas leur métier correctement et entraîneront des difficultés. Nous devons garder à l’esprit que le Frelon asiatique n’est que la 4e cause des pertes de colonies d’abeilles après l’usage de pesticides agricoles, le varroa ou la prédation naturelle, il serait donc paradoxal de vouloir réguler le Frelon en utilisant abusivement un insecticide qui nuirait plus encore aux abeilles ! 

Aussi, concernant les signalements de nids, le système actuel est améliorable et nous y travaillons. La plateforme de signalement n’est pas toujours claire et de nombreux signalements sont mal faits : il nous est arrivé de ne pas trouver le nid signalé, de ne pas avoir accès à une propriété privée ou de rebrousser chemin lors de la recherche de nid alors que des chasseurs tiraient à proximité ! »

L’occasion d’insister sur la qualité du signalement : il est important de donner un maximum d’informations sur le lieu et la nature de l’intervention à prévoir en ajoutant si possible le contact du propriétaire si le nid est situé en propriété privée. L’année passée, un nid construit dans une haie bordant un chemin piéton – donc potentiellement dangereux – n’a pu être détruit que deux semaines après son signalement car celui-ci ne précisait aucune adresse…

Frelon asiatique : espèce invasive

Auteur : Jérémie Van Brussel 
Photo d'entête : Frelon asiatique (Vespa velutina) - Limal - Bernard Danhaive

Une espèce de plus ou de moins, quel est le problème ?

La problématique des espèces exotiques envahissantes est vaste et concerne tout le règne du vivant. En France par exemple, on en est venu à tester le pâté de Ragondin tant l’espèce venue d’Amérique du Sud a colonisé cours et plans d’eau. En Belgique, la progression du Raton Laveur est également spectaculaire et s’avère dramatique pour une série d’espèces indigènes. Du Varroa (acarien, parasite de l’abeille mellifère) au Raton, en passant par l’Écrevisse américaine ou la Coccinelle asiatique, l’homme n’est jamais étranger au mouvement de ces espèces qui peuvent provoquer de grands bouleversements dans les contrées conquises. L’arrivée de Vespa velutina chez nous n’est qu’une nouvelle étape dans ce grand brassage qui en connaîtra d’autres. Mais à chaque fois, nous devrons nous adapter, au même titre que les espèces sauvages.

Car dans ses contrées d’origine, le Frelon asiatique ne pose évidemment pas de problème. Ni à l’homme, ni aux espèces qui l’entourent. Car un équilibre s’est créé. Lorsqu’une espèce est « invasive » c’est parce que dans la zone d’arrivée, elle ne rencontre ni ses parasites habituels, ni les prédateurs qui la « régulent » dans son aire de répartition naturelle. En l’occurrence, si le Frelon asiatique est la proie d’oiseaux insectivores et peut évidemment être victime de maladies, en Chine, en Inde ou en Mongolie, ce sont surtout les autres hyménoptères qui se livrent de furieuses batailles et équilibrent les populations les unes des autres. Chacun occupe une niche écologique ou un milieu distinct et contribue à réguler les autres populations.

S’il arrive que Vespa velutina s’attaque à une ruche en Asie, les abeilles ont là-bas des comportements de lutte consistant par exemple à laisser entrer l’exploratrice dans la ruche afin de former une boule autour d’elle. Des centaines d’ouvrières s’agglutinent autour de l’assaillante qui finit par mourir de chaud. En Europe, le Frelon asiatique n’a rencontré aucune résistance lors de son invasion : ses parasites n’ont pas suivi l’exil, les hyménoptères concurrents sont bien moins nombreux qu’en Asie, quant aux prédateurs, ils sont quasi-inexistants.

La documentation concernant la prédation des Frelons est encore peu abondante en raison de l’arrivée récente de l’espèce. On sait que le Frelon asiatique est consommé par la Bondrée apivore, par le Guêpier d’Europe ou encore la Pie-grièche écorcheur. Les deux premières espèces ont longtemps été perçues comme nuisibles par les apiculteurs car ayant une réputation de grandes consommatrices d’abeilles, un Guêpier étant capable par exemple de consommer jusqu’à 400 abeilles par jour. Et même si la Convention de Berne a permis une protection et un redéploiement des espèces d’oiseaux, leur étendue est moins large que par le passé, en raison du déclin global des insectes, principale source de nourriture pour elles. La prédation par les oiseaux existe donc mais est bien insuffisante pour réguler les populations de Frelons asiatiques.

En Belgique, plusieurs espèces très communes ont été observées pillant des nids en fin de saison, comme les mésanges (charbonnières ou bleues), les étourneaux, les Pies bavardes et récemment, une Martre des pins a été filmée se nourrissant des larves résiduelles d’un nid abandonné en Espagne. Néanmoins, ces « prédations » n’interviennent que trop tard dans l’année et dans le cycle de reproduction des insectes, à un moment où les nids sont largement désertés par les futures reines fondatrices, voire après destruction de la colonie par injections d’insecticides…

Récemment en France, le Frelon asiatique a néanmoins été parasité par une petite mouche (Conopidae) qui se sert de la reine comme hôte, les larves de mouche la dévorant et mettant ainsi fin à la colonie. Il s’agit là du premier parasitage documenté pour l’espèce depuis son arrivée sur le continent européen. Il est trop tôt pour tirer des conclusions quant aux conséquences possibles mais si l’on se réfère à l’impact de ce genre de parasitisme dans l’aire naturelle de répartition, l’effet sur les populations européennes sera sans doute négligeable.

Malgré toutes ces données intéressantes, force est de constater que l’espèce ne rencontre pas de contrainte importante, ce qui explique son expansion remarquable.

Frelon asiatique : et l’apiculteur ?

Auteur : Jérémie Van Brussel 
Photo d'entête : Frelon asiatique (Vespa velutina) - Limal - Bernard Danhaive

L’api(culteur) fait de la résistance

C’est dans les ruches d’abeilles domestiques que l’impact du Frelon asiatique est le plus visible. Piètre chasseur, il apprécie beaucoup ces garde-mangers faciles d’accès et qui n’opposent aucune résistance et lui permettent d’accéder aux protéines dont il a besoin pour nourrir le couvain de sa colonie. Or l’on sait que le secteur est déjà sous tension. L’abeille souffre de nombreux maux et lorsqu’une ruche lutte pour sa survie durant l’été, le Frelon asiatique peut être décisif dans la perte d’un essaim. Lorsqu’il constate des attaques, l’apiculteur n’a d’autre choix que de tenter de localiser le nid afin de solliciter une intervention pour sa destruction. À cette fin, une impressionnante méthode de triangulation a été conçue. Les associations d’apiculteurs préconisent de faire appel à l’indispensable solidarité durant l’été : en constituant des équipes de trois, il est possible de localiser rapidement un nid de frelons, en menant un jeu de piste à l’aide d’appâts et de jumelles. Cette méthode a fait ses preuves, permettant à un apiculteur brabançon particulièrement actif et travaillant seul, de réaliser 60 signalements de nids avant le mois d’octobre pour la seule saison 2022 !

L’autre arme apicole, c’est le piégeage. Bien que très controversé parce que jugé « non-sélectif » et donc contre-productif, l’arrivée du Frelon asiatique a poussé les amoureux des abeilles français à créer un arsenal adapté à cette nouvelle nécessité, au point de remporter un prix au célèbre concours Lépine en 2018. Il est pourtant vrai que de nombreux systèmes de piégeages ne sont pas adaptés comme le rappelle François Colard de la CiEi : « Les apiculteurs savent que les pièges à noyade sont à proscrire car les abeilles sont plus souvent piégées que les frelons, au même titre que les papillons et tous les insectes de passage. Mais les pièges véritablement sélectifs existent, même s’ils sont onéreux. Il est inutile de réaliser du piégeage préventif et la pratique n’est certainement pas à encourager auprès des particuliers, mais ces équipements devront vraisemblablement faire partie de l’apiculture moderne en réalisant des périodes de piégeage sur les ruchers concernés par les attaques ».

Qui n’a pas déjà découpé une bouteille de plastique en été pour en confectionner un piège destiné à se débarrasser des guêpes envahissantes ? De nombreuses terrasses de restaurants sont équipées de ces mini-catastrophes. Car à y regarder de plus près, nombreuses sont les espèces d’insectes de tous ordres, y compris celles qui sont menacées, à s’engluer dans le fond visqueux de ces pièges. Il y a donc « pièges et pièges » mais les apiculteurs ne peuvent désormais plus se passer d’un outil adapté au nouveau contexte dans lequel, passionnés, ils essayent tant bien que mal de préserver la production de nos miels locaux.

Chouette, c’est bientôt la Nuit des chouettes et hiboux !

Auteur : Didier Samyn - Photo d'entête : Emmanuelle Van Noppen

L’ambiance est animée ce samedi soir à la maison: il faut dire que nos amis citadins sont venus passer le week-end chez nous à la campagne. A un moment, un de nos convives, Louis, sorti au jardin, revient en s’exclamant, éberlué : « Dis donc ! Tu ne m’avais pas dit que tu as quelqu’un qui dort à l’étage ! ». – « Ah ! Elle est là ! C’est notre cohabitante, l’Effraie ! » (rire). En effet, si l’Effraie des clochers est discrète, elle se manifeste souvent par une sorte de ronflement mais dont on n’entend pas l’expiration.

Effraie des clochers-Bruno Marchal
Effraie des clochers – Bruno Marchal

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Le suivi acoustique de la migration nocturne

Auteur (texte et photos): Victor Claes
Photo d'entête : Grues cendrées - Victor Claes

Introduction

La migration est un des phénomènes les plus fascinants qui nous soient offerts par la nature. Nous avons tous eu l’occasion de nous émerveiller devant la vision d’un vol de Grues cendrées ou l’observation du flux continu de certains passereaux. Certains d’entre nous se sont déjà essayés au suivi migratoire diurne et aux difficultés qui l’accompagnent : reconnaissance des cris et quantification du passage. A côté de cette migration de jour, de nombreuses espèces d’oiseaux ont opté pour une stratégie de migration nocturne (ou mixte) qui présente pour ceux-ci certains avantages (risque de prédation moindre, atmosphère plus calme et températures plus favorables) mais qu’il nous est plus difficile d’étudier. Pour ces migrateurs nocturnes, nos connaissances sur la phénologie et sur les routes de migration s’en trouvent limitées. Parmi les techniques utilisées pour suivre la migration nocturne, on peut citer le comptage des oiseaux qui transitent devant la lune
« moon watching » (encore faut-il que celle-ci soit visible…), l’utilisation de caméras thermiques ou de radars [1]. L’utilisation du radar permet de quantifier le flux migratoire (densité, direction et distribution altimétrique) [2]. Une approche complémentaire consiste en l’enregistrement des cris émis en vol durant la migration nocturne, pour laquelle on utilise le terme Nocmig ou NFC en anglais pour « Nocturnal Fly Calls ». C’est de cette dernière approche que je vais vous entretenir.

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Situation du Grosbec casse-noyaux en Brabant wallon  

Auteur : Jean Dandois
Photo d'entête : Grosbec casse-noyaux - Stephan Peten

Voilà un Fringillidé de notre avifaune qui demeure assez méconnu au point que certains se posent la question de savoir si cette espèce niche chez nous ou pas. Répondons d’emblée que l’espèce est bien présente et nicheuse mais qu’elle est discrète et que sa répartition n’est pas uniforme dans la province.

Commençons par la présentation de l’espèce : fiche descriptive.

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Fiche 93 : Le Grosbec casse-noyaux

Auteur : Jean Dandois 
Photo d'entête : Grosbec casse-noyaux - Vincent Rasson

Grosbec casse-noyaux – Coccothraustes coccothraustes

Taille : 16,5 – 18 cm
Poids : 48 – 62 g
Longévité : 10 ans

Description

Grand fringille doté d’un fort bec conique, d’une grosse tête avec un cou massif et d’une courte queue qui lui donnent une silhouette typique. Le menton et les lores sont noirs, et la nuque est grisâtre. Sexes semblables mais la femelle est plus terne (notamment la calotte), et a des liserés gris pâle sur les secondaires (noir bleuté chez le mâle). Les juvéniles sont plus pâles avec un bec jaunâtre et le ventre tacheté. De larges taches alaires blanches et l’extrémité de la queue blanche sont bien visibles en vol. Vol rapide et direct légèrement onduleux.

Grosbec casse-noyaux-Vincent rasson-2
Grosbec casse-noyaux femelle – Vincent Rasson

Habitat

L’espèce est inféodée aux milieux forestiers ainsi qu’aux parcs et jardins boisés avec prédominance de feuillus. En région wallonne, l’espèce est plus abondante au sud du sillon sambro-mosan.

Chant

Le chant est très discret et peu audible dans le concert printanier. Le Grosbec émet aussi un cri sonore et dur, un « tsik » court, qui est bien audible et caractéristique ce qui aide à sa localisation.

Comportement

L’espèce est migratrice partielle, mais nos oiseaux sont plutôt sédentaires.

Pendant la saison de nidification (fin mars à fin juillet), l’oiseau est particulièrement farouche et craintif, période pendant laquelle il se cantonne dans le haut des arbres et est difficile à apercevoir.

En hiver, l’oiseau fréquente les mangeoires à la recherche de graines de tournesol notamment, mais sans jamais se mêler aux autres espèces.

Avec son énorme bec, il est capable de casser, par exemple, des noyaux de cerises par la seule puissance des mandibules qui développent une pression de plus de 50 kg/cm².

L’oiseau exploite toutes les strates de végétation, du sol à la canopée, suivant la saison et la ressource disponible. Sa présence et son abondance sont déterminées par l’abondance des graines dont il se nourrit, d’où une variabilité interannuelle qui peut être importante.

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Grosbec casse-noyaux – René van Rossum

En Brabant wallon

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« Les Décanteurs de la Sucrerie de Genappe », quelle évolution ? 

Auteur et photos : Jean-Marie Henkes / Environnement Dyle
Photo d’entête : La réserve avec la sucrerie en arrière-plan

La sucrerie de Genappe a fermé ses portes en 2004. La Région wallonne a alors acquis le site.

En 2012, la Province du Brabant wallon a octroyé un important subside pour maintenir et développer la biodiversité. Un ambitieux chantier a été planifié en 3 phases.

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