Fiche 7 : La Bergeronnette des ruisseaux

Auteurs : Claire Huyghebaert et Vincent Rasson
Photo d'entête :Bergeronnette des ruisseaux - Femelle nourrissant un jeune - Vincent Rasson
Article publié en 2009 dans le Bruant Wallon n°2

Nous attirons votre attention sur le fait que les informations contenues dans cet article ont plus de 10 ans. La nature a bien sûr évolué durant cette période…

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Bergeronnette des ruisseaux – Motacilla cinerea

Taille : 18-19 cm
Envergure : 29 cm
Poids : 15-23 g.
Longévité : jusqu’à 3 ans

Description 

Par rapport aux autres bergeronnettes, la Bergeronnette des ruisseaux semble plus grande et plus trapue car elle a la queue nettement plus longue, la poitrine plus large et les pattes plus courtes. Celles-ci sont brun-rosé et non noires comme chez les autres bergeronnettes. En vol, elle présente une large barre alaire blanche qui ne se voit pas quand elle est posée.

En tous plumages, le dessus est gris, les sous-caudales jaunes et le croupion jaune-verdâtre vif. Le mâle adulte a le dessous du corps totalement jaune vif, ce qui peut entraîner une confusion avec la Bergeronnette printanière. Il a une bavette noire, parfois peu apparente, qui disparaît après la nidification. La femelle nuptiale a la gorge blanche mais elle peut présenter une bavette grisâtre pouvant aller jusqu’au noir comme chez le mâle. Le dessous du corps de la femelle et du jeune est jaune pâle à blanc chamois.

Chant 

Le cri de vol dissyllabique ressemble à celui de la Bergeronnette grise mais il est plus dur, clair et aigu. En cas d’inquiétude, elle y mêle un “suyit” répété. Le chant est une série de motifs fins, trillés et très mélodieux, entrecoupés de cris tremblés. Il est généralement émis d’un perchoir ou d’un rocher mais parfois en vol papillonnant au-dessus des cours d’eau.

Comportement 

Comme les autres bergeronnettes, elle a un vol très onduleux et elle hoche sans cesse la queue mais, vu la longueur de celle-ci, elle balance également l’arrière du corps. Elle se nourrit principalement d’insectes aquatiques et de leurs larves ainsi que de nombreux petits invertébrés aquatiques, parfois aussi de poissons ou de petits batraciens. Elle parcourt des rochers ou des rives graveleuses, ou déambule près des bassins, capturant ses proies au sol et au bord de l’eau.

Migratrice partielle, elle peut hiverner en Europe occidentale, près de l’eau, même en ville. Nos populations migratrices hivernent en Méditerranée et en Afrique du Nord. Les oiseaux que l’on peut voir chez nous en hiver sont donc soit des sédentaires, soit des migrateurs venant du Nord. La Bergeronnette des ruisseaux revient normalement en ses lieux de reproduction au mois d’avril, mais parfois, elle est déjà là en mars. En avril, on peut déjà découvrir son nid en forme de tasse dans une fissure de rocher, à flanc de carrière, dans un trou de mur près de l’eau, etc. Son nid est composé de tiges, d’herbes, de mousse, de racines et garni d’un fin tissage de fibres végétales, de poils, de crin. Elle mènera souvent deux couvées de 4 à 6 oeufs par saison, parfois même trois. Les jeunes sont nourris de minuscules animaux aquatiques. Le mâle aide à nourrir les jeunes qui s’envolent après deux semaines.

Habitat/répartition 

Niche le long de torrents ou de petits cours d’eau courante, avec des pierres bien exposées, tant en milieu boisé qu’ouvert. En dehors de la saison de nidification, elle peut se rencontrer au bord de presque tous les types de milieux aquatiques, souvent près des ponts et des habitations, et même parfois assez loin de ces milieux. Elle est indicatrice de l’état de propreté et de préservation des cours d’eau.

carte ruisseau