Les bruants en Brabant wallon

Auteurs : Hervé Paques et Vincent Rasson
Photo d'entête : Jeune Bruant jaune - Bruno Marchal
Article publié en décembre 2008 dans le Bruant Wallon n°1

Nous attirons votre attention sur le fait que les informations contenues dans cet article ont plus de 10 ans. La nature et nos connaissances ont bien sûr évolué durant cette période…

Introduction

Cette série est dédiée spécialement à une espèce ou une famille d’oiseaux présents en Brabant wallon. Nous ne pouvions passer à côté de l’occasion de vous présenter pour ce premier numéro la famille de passereaux qui a inspiré le titre de notre publication.

Les trois espèces de Bruants les plus communes sont présentées ici en détail. Trois espèces qui affectionnent des milieux très différents, témoins de la richesse de notre nature, de sa fragile santé également.

La fiche descriptive comporte systématiquement une description physique de l’oiseau dans ses différents plumages (avec une photo prise en général sur nos terres brabançonnes), son chant, quelques éléments de son comportement et son habitat. Nous aurions souhaité être en mesure de vous communiquer les derniers chiffres du prochain Atlas des oiseaux nicheurs de Wallonie, mais il va falloir attendre sa publication imminente.

Nous avons en attendant repris les cartes de répartition nationales des oiseaux nicheurs de 1988 comme support visuel.

Les Bruants en Brabant wallon

L’été tant attendu s’est enfin installé. Les Alouettes envahissent le ciel et une petite ritournelle accompagne la course du soleil : six notes brèves et une septième plus longue. Cette chansonnette, souvent émise d’une branche haute, est celle du Bruant jaune, bel oiseau jaune et roux , familier des campagnes ouvertes bordées de haies. Il a deux cousins, le Bruant proyer, beaucoup plus discret, plus rare et le Bruant des roseaux qui, lui, apprécie les zones humides.

C’est une grande famille que celle des Bruants : le guide ornithologique du Paléarctique occidental compte plus d’une trentaine d’espèces ; dans le monde, on compte près de 400 espèces. Très proches de la famille des pinsons, les Fringillidae, ils sont tout aussi colorés et loquaces. Ils doivent d’ailleurs leur nom à leur voix : bruant n’est que le participe présent du verbe bruire.

Les bruants ont quelques caractéristiques en commun :

  • Leur bec, court, conique et puissant, les désigne comme des granivores : c’est d’ailleurs souvent au sol qu’on peut les observer se nourrir de graines.
  • Un espace sous-mustacien (une ligne sous la moustache) plus clair.
  • Le dimorphisme sexuel très marqué : autant le mâle est spectaculairement coloré (principalement la tête et la poitrine) autant la femelle est sobre.
  • Les bords de la queue, blancs.

En dehors de la nidification, ils peuvent être observés en bandes en compagnie d’autres granivores. Ils occupent ainsi des dortoirs hivernaux de plusieurs dizaines d’individus.

Liés aux espaces agricoles, le Bruant jaune et –surtout- le Bruant proyer sont en régression. En effet, l’urbanisation croissante, l’uniformité des espaces cultivés, la régression des friches et une diminution des ressources alimentaires défavorisent ces deux espèces.

Avec la taille des haies dans les cultures, l’arrachage de plantes sauvages et les herbicides, il lui manque une bonne partie de son milieu de vie.

(Voir : les subventions à l’entretien et à la plantation des haies attribuées par la Région wallonne : http://biodiversite.wallonie.be/fr/subventions-a-la-plantation.html?IDC=6057)

Enfin, l’efficacité du moissonnage ne laisse guère plus que des miettes aux granivores. Le moineau peut ‘cueillir’ les graines mais pas le bruant, il ramasse ce qui reste… Des projets ont été lancés pour nourrir les bruants en hiver avec des graines, afin de compenser très partiellement ce manque de nourriture.

Vers les fiches détaillées :

Fiche 1 : Le Bruant jaune

Fiche 2 : Le Bruant proyer

Fiche 3 : Le Bruant des roseaux

Fiche 4 : Les bruants occasionnels

Conclusion

Le Brabant wallon est une région qui se transforme beaucoup. La pression immobilière et les pratiques agricoles ne sont pas favorables aux oiseaux ruraux. Le choix de Bruant Wallon, outre le jeu de mots, se veut symbolique : il marque notre espoir de voir notre fragile campagne rester vivante et riche de son avifaune.